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Evénement : Machiner le monde, machiner la littérature, machiner les arts

Machiner le monde, machiner la littérature, machiner les arts

14
Fév
2014

Les avant-gardes et les savoirs au XXème siècle - Séminaire transversal FTD / EMHIS - Pascal ALEXANDRE et Claudie TERRASSON

Ce séminaire s’inscrit dans le cadre du projet transversal qui figure dans le prochain quinquennal et qui est consacré aux liens entre littérature, arts et innovation. Il a pour objectif de s’interroger sur la nature et les modalités d’une innovation littéraire et  artistique envisagée dans son rapport à des savoirs eux aussi de différente nature.

Le XXème siècle s’ouvre en effet sur un élan vers le nouveau, qui constitue à la fois le mot d’ordre et le point commun des avant-gardes dites historiques, ensemble de mouvements européens et internationaux qui se font et se défont entre les années 1910 et les années 1930. Par delà leur diversité, ils se caractérisent par une posture d’innovation, plus ou moins radicale, qui touche tous les arts : littérature, musique, peinture, architecture. On y affirme qu’il faut rompre avec le passé et avec les savoirs académiques, que l’art est à réinventer et que, pour reprendre le mot célèbre d’Apollinaire, il faut « machiner la poésie comme on a machiné le monde ». Habités par la conviction d’une nécessaire transformation conjointe du monde et des arts, écrivains, peintres et musiciens multiplient les collaborations et les projets communs, nourrissant leurs créations de la révolution technologique qui transforme la société à la fin du XIXème siècle et au  début du XXème siècle : première liaison par T.S.F en 1899, première représentation cinématographique en 1895, premier vol au- dessus de la Méditerranée réalisé en 1913 par Roland Garros… En France,  le ballet Parade (1917), réunit Cocteau, Satie et Picasso. Le « drame surréaliste » d’Apollinaire, Les Mamelles de Tirésias (1917) associe musique et théâtre, avec des costumes influencés par le cubisme de Braque et de Picasso. Dans ce décloisonnement des arts, on assiste à la collaboration de Lorca avec le compositeur Manuel de Falla autour du cante jondo, en 1918 Robert Delaunay illustre Tour Eiffel de Vicente Huidobro, lequel s’inspire du cubisme de Juan Gris. Apollinaire célèbre le cinéma, y voyant le mode d’expression des poètes de l’avenir. On peut encore citer l’exemple de films réalisés plus tard, après la guerre : La Roue  d’Abel Gance (1923), qui avait été assisté de Cendrars (musique d’Arthur Honegger, affiche de Léger) ou Entracte de René Clair (1924, scénario de Picabia, musique de Satie). Les arts dialoguent entre eux et avec la technologie moderne dans un esprit d’échange et de stimulation réciproques. Inspiré par les inventions récentes - tour Eiffel, cinéma ou aéroplane-, le cubisme pictural reçoit le soutien des poètes et influe sur les formes poétiques. On publie des éditions illustrées de dessins ou d’aquarelles.. On écrit des poèmes pour présenter des tableaux dans des expositions. Les arts dits « primitifs » séduisent aussi bien Apollinaire que Cendrars ou Picasso. On multiplie les revues et, bien que souvent éphémères, elles font se croiser les sensibilités artistiques venues de divers horizons On voit un jeune architecte, Charles- Edouard Jeanneret, plus connu sous le nom de Le Corbusier, s’associer à un peintre post- cubiste pour créer une revue, L’Esprit nouveau. Le poète Albert- Birot, de son côté, crée la revue SIC (Sons- Idées- Couleurs). Isaac del Vando Villar et Adriano del Valle publient dans la revue ultraïste, Grecia, à côté des poèmes du jeune Jorge Luis Borges, des gravures de sa sœur Norah tandis que, dans cette même revue, J.L. Borges se fait le traducteur des textes de Pierre-Albert Birot, et Guillemo de Torre compose un poème élégiaque pour Apollinaire.

Le séminaire organisé en 2014 posera les jalons de cette réflexion transversale et pluri-culturelle.

De février à juin 2014 :  « Emergences et perspectives »

  • Vendredi 14 février à 14h : Séance introductive (Pascale Alexandre,  Claudie Terrasson)
  • Vendredi 21 Mars à 14h : Cocteau et le ballet Parade (Martin Laliberté)
  • Vendredi 11 avril : Le Douanier Rousseau et les poètes : éloge du non- savoir (Ivanne Rialland)
  • Vendredi 23 mai : "Femina ex machina. De la poupée mécanique à la machine reproductrice : l’invention de la femme d’Avant-garde dans l’œuvre d’Agustín Espinosa" (Beatriz Gómez)
  • Vendredi 20 juin : La poésie de Juan Larrea (Melissa Lecointre)

Lieu : salle 4B08R au 4ème étage du bâtiment Copernic - Institut Gaspard Monge.


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