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Presse : Future bibliothèque universitaire GEORGES PEREC, le choix du nom

Future bibliothèque universitaire GEORGES PEREC, le choix du nom

La date prévisionnelle d’ouverture au public de La future bibliothèque Georges Perec est fixée à la rentrée universitaire 2013. La date de livraison reste à préciser compte tenu des aléas rencontrés.

Le choix du nom de Georges Perec pour cette future bibliothèque s’explique par les liens tissés depuis quelques années entre l’Université et l’OuLipo ainsi que par la pluridisciplinarité des formations et thématiques de recherche propres à l’université - notamment scientifiques et urbanistiques – qui est à l’image de l’œuvre de Georges Perec.

Georges Perec est sans doute l’un des membres les plus célèbres de l’Ouvroir de Littérature Potentielle, généralement désigné par son acronyme OuLiPo. L’OuLipo est un groupe international co-fondé en 1960 par le mathématicien François Le Lionnais et par l'écrivain Raymond Queneau, à qui l’on doit notamment Zazie dans le métro, Les Exercices de style et les Cent mille milliards de poèmes. Son objectif est précisément  de réconcilier les mathématiques et la littérature, en inventant des nouvelles formes littéraires inspirées de modèles scientifiques. Par exemple, un chef-d’œuvre comme La Vie mode d’emploi , pour lequel Perec obtient le prix Médicis en 1978, n’aurait pas été possible sans le bi-carré latin orthogonal d’ordre 10 imaginé par Claude Berge.

Depuis plusieurs années, l’UPEMLV entretient des relations privilégiées avec les membres de l’Oulipo. En effet, Jacques Jouet, Frédéric Forte, Ian Monk, Olivier Salon et Hervé Le Tellier animent des ateliers d’écriture pour les étudiants ainsi que pour le personnel de l’Université. Ces ateliers sont l’occasion d’explorer différentes formes littéraires (poésie, théâtre, récit) par le biais des contraintes et des structures oulipiennes, de manière ludique et conviviale. Une sélection des textes produits en atelier est présentée chaque fin d’année lors de la manifestation « Lettres vives » organisée par le département de Lettres. Par ailleurs, l’université invite régulièrement les oulipiens à donner des conférences et des lectures.

Perec est également un écrivain topographe, un « architexteur », qui n’a cessé d’interroger dans ses expérimentations littéraires, notre rapport à l’espace, et en particulier l’espace de la ville. Son essai Espèces d’espaces, publié en 1974, qui propose une réflexion sur toutes les échelles spatiales – de l’espace de la page à l’espace du monde en passant par l’appartement et la ville - est ainsi devenu le livre de chevet de nombreux architectes et urbanistes contemporains.

De plus, la sociologie est l’une des quatre interrogations que Georges Perec présente comme la source de son travail d’écrivain (les autres interrogations étant d’ordre autobiographique, ludique et romanesque). Le premier roman publié par Perec, Les Choses (Prix Renaudot 1965), sous-titré « une histoire des années soixante », analyse en effet le quotidien d’un jeune couple de psychosociologues et s’interroge en particulier sur les représentations illusoires du bonheur dans la société de consommation. L’Art et la manière d’aborder son chef de service pour lui demander une augmentation, texte écrit en 1968 à partir d’un organigramme, se présente pour sa part comme une peinture cynique de l’univers du travail dans les grandes entreprises, qui écrasent l’individu. Plus de quarante ans après sa rédaction, cette farce sociologique dont la composition interroge le lien entre les structures techniques et les relations sociales semble plus que jamais d’actualité.

Enfin, l’œuvre de Perec porte aussi en creux la marque de l’histoire du XXe siècle. W ou le souvenir d’enfance ainsi que La disparition désignent l’atrocité du totalitarisme qui priva l’auteur de ses parents. Sur un autre mode, en associant les moyens cinématographiques aux moyens littéraires  les récits d’Ellis Island étendent cette quête de l’histoire dans un lieu fortement symbolique du monde contemporain.

Figure exemplaire d’une transdisciplinarité féconde dont l’instrument est le langage, Georges Perec propose une version du gai savoir de la littérature qui illustre bien la vocation de l’université à vivifier les savoirs de manière innovante et à les diffuser.

Contribution de Virginie Tahar, enseignante du département de Lettres de l’UPEMLV, doctorante au LISAA (Littérature, savoirs et arts)

Consultez le communiqué de presse en cliquant ici.

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