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Focus Laboratoire Géomatériaux et Environnement (LGE)

Focus sur le laboratoire Géomatériaux et Environnement (LGE)

A l’occasion de la fête de la science qui se déroulera du 21 au 22 octobre à l’Université Paris-Est Marne-la-Vallée, nous sommes allés à la rencontre de Mehmet A. Oturan, directeur du laboratoire Géomatériaux et Environnement et Stéphanie Rossano, membre du laboratoire et coordinatrice de l'opération Fête de la science sur l'Université.

 

Quelles sont les thématiques de recherche du laboratoire ?

M.A. Oturan « Les thématiques de recherche du laboratoire Géomatériaux et Environnement se divisent en trois axes : l'étude des interactions polluants eaux/sols, l'étude de l'altération de matériaux en interaction avec leur environnement, et l'étude des relations entre matériaux et polluants. Ces activités de recherche se situent à l’interface entre physique, chimie, microbiologie, minéralogie et sciences des matériaux. Les publications du laboratoire, du fait de la pluridisciplinarité des compétences, se situent dans le domaine de la chimie, de l’environnement, de la biologie, des sciences de la Terre, de la science des matériaux et de la physique.
Les activités de recherche s'effectuent en collaboration avec de nombreuses équipes nationales et internationales. Une des spécificités de l'activité de recherche sur les matériaux concerne l'utilisation du rayonnement synchrotron, grand instrument permettant d'étudier la structure de la matière. »


Pouvez-vous nous citer des exemples types de ce positionnement aux interfaces à travers des travaux de recherche en cours ?

S. Rossano « Je prendrai 2 exemples issus de la thématique "Matériaux". Cet aspect de notre recherche concerne l'étude de l'évolution de matériaux d’intérêts géologique, environnemental ou historique sous différents facteurs d’altération (irradiation, le contact avec l’eau, la température, la pollution...). Les exemples les plus parlants se situent actuellement dans le domaine des matériaux du patrimoine et en sciences de la Terre et concerne l’interaction matériau / vivant.
Concernant le patrimoine, une thèse en cours porte sur la compréhension de la perte de transparence de vitraux médiévaux sous l'effet conjoint de l’altération des composants du verre, du vieillissement et de l’activité du vivant. Cette thèse, qui fait l'objet du sujet de Jessica Ferrand, s'effectue en collaboration avec le Laboratoire de Recherche des Monuments Historiques (LRMH). C’est un travail de recherche caractéristique de la pluridisciplinarité de notre laboratoire puisque Jessica doit maîtriser les techniques de microbiologie mais aussi connaître la structure des verres et savoir utiliser des techniques de caractérisation complexes telles que la spectroscopie d'absorption des rayons X (technique disponible uniquement via l'utilisation du rayonnement synchrotron).


Un autre exemple porte sur la bio altération de météorites prises comme analogues de matériaux primitifs terrestres. Il s’agit dans ce cas de comprendre l’empreinte du vivant sur les matériaux très anciens. La question qui se pose est la suivante : comment le vivant a-t-il pu changer certains cycles terrestres quand la terre était en formation ? Ce sujet fait également l'objet d'une thèse, effectuée par Caroline Avril en collaboration avec l’Ecole normale supérieure (ENS). Caroline doit fabriquer en laboratoire des analogues de météorites qu'elle met ensuite en interaction avec des bactéries afin d'étudier les transformations qui découlent de ce contact. De nouveau, la complexité des matériaux et la présence de bactéries font de ce sujet un travail de recherche pluridisciplinaire. »


Une des spécificités du laboratoire est le lien étroit entre recherche et enseignement

M.A. Oturan « C’est effectivement une de nos spécificités. Le laboratoire, qui est associé au Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche, est constitué de quinze personnels permanents, dont douze enseignants-chercheurs. Depuis 1995, une formation s'adosse au laboratoire et vient s'appuyer sur notre activité de recherche. Aujourd'hui, le master Géoenvironnement est constitué de 2 spécialités ("Géomatériaux et Environnement" et "Géorisques") et concerne une quarantaine d'étudiants. Ce master est un vivier important d'étudiants qui viennent ensuite en stage ou en thèse au laboratoire, participant ainsi à la dynamique de notre activité de recherche. »


En quoi consiste le programme doctoral Erasmus Mundus , mis en place par Eric van Hullebusch au laboratoire ?

S. Rossano « Le programme Erasmus Mundus ETeCoS3 est un diplôme de doctorat européen conjoint mis en place par l'università degli Studi di Cassino en partenariat avec l'Université Paris-Est et l'UNESCO-IHE de Delft afin de former des docteurs dans le domaine des Sciences et Techniques de l’Environnement. Ce programme est coordonné par Dr. Eric van Hullebusch au niveau de l'Université Paris-Est.


La première promotion de ce programme doctoral arrivera courant novembre 2010 à l’UPEMLV et il est important de souligner que c’est actuellement le seul programme doctoral européen Erasmus Mundus de l’Université Paris-Est. Les quatre docteurs que nous allons accueillir chaque année durant les quatre années à venir resteront dix huit mois au sein du laboratoire et auront ensuite l’opportunité d’effectuer leurs recherches dans deux autres laboratoires européens. C’est une mise en réseau des compétences des chercheurs et une expérience unique de recherche pour les doctorants».

 

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