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La France avant la France (481-888)

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L’histoire a longtemps juxtaposé des images simples pour définir les quatre siècles écoulés de 481 à 888 : aux Mérovingiens – à l’exception de Clovis, sanguinaires, incultes et incapables, succédaient des Carolingiens glorieux, conquérants et propagateurs actifs de la foi chrétienne. Les recherches des dernières décennies, fondées sur une réévaluation des sources écrites et sur les progrès de l’archéologie, ont libéré cette période du carcan des idées reçues. Ce livre, en forme de bilan, dresse des perspectives neuves. Il montre que l’Antiquité tardive se prolonge jusque vers 600 et que « les grandes invasions », comme « la barbarisation de l’Occident » appartiennent au registre des concepts arbitraires. Au VII siècle, commence effectivement le Moyen Âge. Alors, débute une croissance appelée à se développer jusque vers 1250 : elle fait glisser le centre de gravité de l’espace français (et européen) vers le nord-ouest. Parallèlement, le christianisme achève de devenir totalement coextensif à la société.
Forts de ce contexte, mais plus encore de la dynamique de leurs conquêtes, les premiers Carolingiens rassemblent sous leur sceptre presque toute l’Europe occidentale. Cette construction brillante marque pour toujours les mémoires. Cependant, elle s’avère d’une extrême fragilité : en effet, les conditions concrètes d’un monde avant tout rural restreignent la puissance effective à une échelle territoriale étroite et réduisent le pouvoir central à une collaboration obligée avec les aristocraties locales. Quand apparaît le nom de « Francie », il recouvre une mosaïque de communautés régionales très diverses.
Ainsi, les auteurs de cet ouvrage ramènent-ils les faits aux réalités de l’époque, rejetant les anachronismes et les outrances – négatives ou positives. Ils mettent en scène une société étrangère à celle d’aujourd’hui par ses hiérarchies, ses caractères anthropologiques et ses institutions, mais à laquelle la culture et le légendaire des Français doivent beaucoup. Ils appuient leur exposé sur des textes et des cartes et sur une iconographie abondante, qui donnent à voir et à comprendre. Cette histoire renouvelée possède un attrait majeur : au-delà des représentations traditionnelles, elle s’efforce d’atteindre le réel.

La France avant la France (481-888), Geneviève Bührer-Thierry et Charles Mériaux, éd. Belin, Collection Histoire de France, 2010. ISBN 978-2-7011-3358-4, 688 pages, 17 x 24 cm.

Les auteurs

Geneviève Bührer-Thierry, ancienne élève de l’École Normale Supérieure de Saint-Cloud, agrégée d’Histoire, est actuellement professeur d’Histoire du Moyen Age à l’université Paris-Est-Marne la Vallée où elle dirige le laboratoire de recherches « Analyse Comparée des Pouvoirs ».

Elle est spécialiste du monde franc et germanique du haut Moyen Age, ses travaux portent sur le pouvoir des évêques, sur le rôle des femmes, sur la construction des territoires et les échanges culturels aux frontières. Elle est aussi directeur de la revue Médiévales.
Elle a notamment publié L’Europe carolingienne (741-888) chez Armand Colin (2002, nouvelle édition en septembre 2010) et Pouvoirs, Eglise et société en France, Bourgogne et Germanie (888-XIIe siècle) en collaboration avec Thomas Deswarte aux éditions Sedes en 2008.

Charles Mériaux, agrégé d’histoire, est actuellement maître de conférences en histoire du Moyen Âge à l’Université Charles-de-Gaulle Lille 3. Il travaille sur l’histoire religieuse du haut Moyen Âge, les fondations monastiques, l’encadrement des villes et des campagnes par l’Église, et le culte des saints. Sa thèse, intitulée « Gallia irradiata ». Saints et sanctuaires dans le nord de la Gaule du haut Moyen Âge a été publiée à Stuttgart (éd. Franz Steiner) en 2006.

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